Les Institutions en Afrique de l’Est

En explorant les éléments qualitatifs des institutions chargées de bonne gouvernance en Afrique de l’Est, sa responsabilité et son opportunité, il est intéressant d’examiner les perceptions des citoyens à l’égard de deux aspects à explorer. Le premier est la performance ou la mesure dans laquelle ces institutions s’acquittent de leurs mandats. Le deuxième est l’appropriation, c’est-à-dire le degré auquel les citoyens sont en mesure d’accéder aux institutions et d’influencer leurs parcours. Les données suggèrent que l’indicateur de performance est mixte et qu’il reste beaucoup à faire pour s’assurer que les institutions répondent aux attentes et aux aspirations des africains de l’Est .

Bien qu’il soit nécessaire de célébrer les progrès réalisés, il semble qu’il y ait encore beaucoup de travail à faire. Les données sur les tendances de la corruption sont préoccupantes, en particulier celles sur les institutions chargées de l’application de la loi – la police et la justice. L’évaluation Afro baromètre indique qu’en ce qui concerne nos citoyens, leur vie ne s’est pas améliorée- les conditions économiques et de vie se dégradent. L’espace des médias de la région reste en partie libre, au mieux, ses démocraties marquent des améliorations lentes et presque imperceptibles.

La corruption continue de ronger le paysage des institutions les plus importantes de l’Afrique de l’Est, y compris les responsables de la sécurité et de la justice. La police compte pour 50 pour cent des secteurs les plus corrompus de la région, suivie par la justice à 30 pour cent. Les services de
police dans les cinq États de la Communauté d’Afrique de l’Est apparaissent dans les dix premières institutions les plus corrompues, ce qui rappelle la dure réalité vécue par de nombreux citoyens dans leurs rapports avec les institutions d’application de la loi dans la région. Lorsqu’ils sont confrontés à des pratiques de corruption, peu de citoyens dans la région se donnent la peine de déposer des plaintes officielles: Au Kenya, seulement cinq pour cent ont indiqué qu’ils ont signalé des incidents de corruption aux autorités. Les chiffres dans les autres Etats membres de la CAE étaient de huit pour cent en Ouganda, 10 pour cent au Burundi, 11 pour cent en Tanzanie et 15 pourcent au Rwanda.

Il ya un sentiment généralisé que les conditions économiques se sont détériorées au cours des cinq dernières années. Dans l’Enquête Afro baromètre Tanzanie 2012, 40 pour cent des adultes ont estimé que les conditions économiques actuelles en Tanzanie étaient très mauvaises,
comparativement à 25 pour cent en 2008. En 2012, 62 pour cent des Ougandais ont estimé queleurs conditions de vie étaient au moins assez mauvaises, comparativement à 42 pour cent deux ans plus tôt. Au Kenya, 84 pour cent des adultes décrivent les conditions économiques actuelles comme «très mauvaises» ou «plutôt mauvaises» en 2011, un écart de 30 points par rapport à 54 pour cent en 2005.